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Musculature

Une motivation propre pour sortir de la médecine de «la porte tournante»

La plupart d’entre nous ont du mal à pratiquer une activité physique. Pourtant, le renforcement du corset musculaire est une condition fondamentale pour maintenir durablement notre dos en bonne santé. Le Dr méd. Martin Weiß explique ce qui doit changer au niveau des patients, du système de santé et des médecins.

C’est assez pratique: on se rend chez le médecin avec un fort mal de dos, il nous fait une piqûre et peu après, on est de nouveau assis à son bureau. Cela convient à toutes les parties prenantes: le patient car il est rapidement opérationnel et le médecin car il peut ainsi travailler de façon rentable. Pourtant, il y a un gros bémol. En effet, la cause de la douleur n’est nullement éliminée. Généralement, des douleurs de dos sont imputables à des articulations bloquées et à des muscles extenseurs dorsaux trop faibles. Il n’est donc guère conseillé de se réinstaller confortablement sur sa chaise de bureau en sortant tout droit du médecin. Car au bout d’un certain temps – il peut s’agir de trois semaines ou de trois mois – tout recommence: les douleurs reviennent, il faut retourner chez le médecin.

«La partie visible d’un iceberg ne représente qu’un dixième environ de celui-ci. Ce dixième correspond à la douleur qui est visible et sensible. Vous ne voyez pas la partie bien plus importante de l’iceberg, qui est immergée. Cette partie correspond à la musculature trop faible», explique le Dr méd. Martin Weiß, médecin généraliste et praticien en médecine manuelle.

Le problème est le suivant: «Lorsque la partie visible de l’iceberg a disparu, notre médecine s’arrête dans la plupart des cas. Les conséquences sont prévisibles: l’iceberg produit une nouvelle partie visible, par exemple un blocage, et donc une nouvelle douleur.

Lutter ensemble contre l’iceberg

Martin Weiss entend briser ce cercle vicieux: «Dans mon cabinet, je veux faire comprendre à mes clients que le vrai travail commence lorsque la douleur a disparu. Car c’est alors que nous devons nous attaquer ensemble à l’iceberg.» Et cela commence par être un peu désagréable, puisqu’il s’agit de modifier son style de vie et de lutter activement contre les causes des douleurs. Par exemple en pratiquant une musculation ciblée et des activités quotidiennes comme monter des marches ou aller se promener. «Nous ne sommes pas faits pour un mode de vie sédentaire», précise l’expert.
Selon son expérience, très peu d’individus parviennent à se faire régulièrement violence et à se motiver à faire davantage d’activité physique. «Seuls 15% des gens vivent comme l’exige leur nature, dans le cadre de leurs possibilités», indique M. Weiß. Chez tous les autres individus, les appels en faveur d’un mode de vie plus actif n’ont pas d’effet. Comment changer les choses? Et comment les patients, les médecins et le système de santé peuvent-ils y contribuer?

Le patient est ici déterminant. Pour M. Weiß, une chose est claire: «Le succès dépend en grande partie de la motivation et de l’initiative personnelle des personnes concernées. Celles qui ne participent pas d’emblée de toute leur force au processus et qui ne prennent pas en main leur activité à mesure que le traitement progresse risquent en effet d’entrer dans le syndrome de «la porte tournante» (ou «porte tambour») désignant les allers-retours permanents auprès de leur médecin.» Le médecin a conscience qu’il exige beaucoup de ses patients. «Du manœuvre comme de la professeure à l’université, j’attends qu’ils mettent en œuvre mes recommandations et qu’ils exécutent régulièrement les exercices de musculation, avec une haute précision.» Si cela ne fonctionne pas, il peut aussi devenir un peu désagréable.

Du temps pour les consultations avec les patients

Mais les médecins et le système de santé jouent aussi un rôle important. Pour atteindre la majorité de la population, il faut davantage qu’un rendez-vous chez le médecin expédié en quelques minutes. M. Weiß a de la chance: il reçoit des personnes qui veulent vraiment changer. Et malgré tout, il doit préparer le terrain: écouter, structurer ce qu’il a entendu, instaurer une base de confiance. Le premier contact, en particulier, prend du temps, une heure de consultation lui semble tout à fait normale. Il examine soigneusement ses patients et met un point d’honneur à expliquer le diagnostic de la manière la plus compréhensible et imagée possible. Son objectif: faire comprendre aux patients qu’ils doivent agir eux-mêmes pour leur santé.
Martin Weiß sait qu’il ne peut se permettre cet engagement temporel important que parce qu’il a un cabinet privé, que les patients paient donc de leur propre poche ou qu’une caisse maladie privée prend en charge les coûts supérieurs. «Dans le cadre d’un cabinet conventionné, je ne pourrais pas faire ce travail, ou sous une forme très restreinte», précise-t-il.

Des formations pédagogiques?

Elles font encore défaut! Selon lui, il serait pertinent d’avoir des offres allant au-delà de la pure consultation médicale. De nombreux patients souffrant du dos profiteraient énormément de formations pédagogiques de plusieurs heures, telles qu’on les pratique par exemple en Allemagne pour les diabétiques de type 1. Mais une telle possibilité n’est pas encore en vue pour les patients atteints de mal de dos.

Que faire alors? Martin Weiß considère que le médecin traitant a un devoir. En tant que gestionnaire de santé, il devrait savoir quelles mesures sont réellement efficaces et où son patient est entre de bonnes mains. L’importance des muscles est essentielle – et très peu de médecins en ont conscience. Martin Weiß préconise un changement de paradigme au sein de sa profession: «L’intérêt d’une musculature forte est aujourd’hui bien attestée du point de vue scientifique. Toutefois, les patients entendent plus généralement parler de
la plus-value apportée par la musculation par le biais des médias ou des recommandations d’amis que de leur propre médecin. Les choses doivent changer. De nombreuses douleurs peuvent être si bien traitées par la musculation que les patients ne ressentent plus de douleurs après et qu’ils sont très performants.» Le médecin peut ici donner la dose de motivation déterminante pour pratiquer durablement une activité, de la musculation et dans l'idéal, du sport. Et ce par conviction. Car pour «aller mieux», on ne peut déléguer.

 

Texte de Monika Herbst

Notre expert:
Dr méd. Martin Weiß, 66 ans, est médecin généraliste et praticien en médecine manuelle à Rosenheim. Ses spécialités sont la thérapie médicale de renforcement musculaire et la musculation préventive.