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De la musculation pour vos disques intervertébraux

En tant que neurochirurgien, Prof. Tronnier, directeur de la clinique universitaire en neurochirurgie de Lübeck, connaît bien les lombalgies spécifiques, dont font également partie les hernies discales. Celles-ci ne sont pas toujours douloureuses. Et toutes les hernies ne nécessitent pas une opération.

 

Interview de Tania Schneider

Prof. Tronnier, existe-t-il des facteurs de risques relatifs à une hernie discale?

Il est difficile de définir des risques évidents. Les patients ayant une activité où l’on est majoritairement assis, comme les employés de bureau ou les chauffeurs routiers, ont tendance à développer davantage de hernies discales que ceux qui sont très actifs. A côté de cela, il existe des affections rares, telles que des relâchements des tissus conjonctifs, qui induisent un risque accru. Pour ce qui est de l’état physique, nous pouvons dire que les patients en surpoids ayant une musculature du dos peu développée sont plus menacés que ceux qui entraînent leurs muscles dorsaux de façon ciblée.

Cela signifie-t-il à l’inverse que je peux prévenir une hernie discale?

Oui. Une hernie discale apparaît du fait d’une perte d’eau dans le disque. C’est la raison pour laquelle nous sommes un peu plus petits le soir que le matin. A cela viennent s’ajouter les mouvements des corps vertébraux proches. L’anneau fibreux peut se déchirer et une hernie peut sortir. Le fait de parvenir à stabiliser la colonne vertébrale et à éviter ces déplacements minimes, notamment grâce à un dos bien musclé, peut permettre de prévenir une protusion ou une hernie discale.

Quels sont les symptômes classiques?

Au niveau de l’imagerie – par exemple l’IRM –, nous détectons souvent des hernies discales alors que les patients n’ont pas de douleurs. Les symptômes cliniques sont bien plus importants. Une hernie discale au niveau de la colonne lombaire peut notamment entraîner une irradiation de la douleur dans la jambe, tandis que si elle se situe dans la colonne cervicale, les douleurs peuvent irradier dans le bras.

Quand dois-je consulter au plus vite?

Vous devriez vous rendre chez le médecin lorsqu’une douleur dans le bas du dos dure d’une à deux semaines et ne diminue pas malgré la prise d’antalgiques simples tels que l’ibuprofène ou le diclofénac. Il lui reviendra alors de décider s’il faut recourir à l’imagerie ou non.

Quand une hernie discale doit-elle être opérée? Quand cela ne vaut-il pas la peine?

A la clinique, nous nous basons sur la symptomatique de défaillance neurologique. Nous sommes en présence d’une indication claire en faveur de l’opération lorsque:

  • 1. Des douleurs violentes et résistantes à la thérapie persistent sur une période allant de trois à six semaines, qu’elles ne répondent pas aux médicaments et que le patient est immobilisé et ne peut pas bénéficier d’une physiothérapie.
  • 2. Quand, en raison de la hernie, il y a des défaillances neurologiques graves, par exemple lorsque le patient souffre d'une grave paralysie du bras ou de la jambe. Plus la hernie et la paralysie s’installent, plus cette dernière sera difficile à faire disparaître.
  • 3. Quand il y a un caractère d’urgence. Lorsque le patient souffre, en raison d’une hernie importante, de troubles de la vessie ou du rectum, il doit être opéré directement, c’est-à-dire dans les 24 heures. Les patients qui ne souffrent pas de troubles neurologiques mais «seulement» de douleurs devraient d’abord, dans tous les cas, se voir proposer une thérapie conservatrice. Nous traitons en premier lieu la douleur aiguë par voie médicamenteuse. Suit alors un traitement de physiothérapie. Si la hernie n’est pas aiguë, il est alors possible de recourir à la musculation. Kieser Training constitue ici un élément essentiel.

Combien de temps dois-je attendre avant de débuter la musculation chez Kieser Training après une hernie discale aiguë?

Nous ne savons généralement pas quand est apparue la hernie. Mais je dirais qu’au bout de six à huit semaines, un patient devrait pouvoir bénéficier d’une physiothérapie avec des appareils. Il convient alors tout particulièrement de s’entraîner sur la machine d’extension lombaire ou cervicale (EL/EC) de Kieser Training. L’un des grands avantages qu’il y a chez Kieser Training, c’est que l’on y propose un conseil médico-sportif et un contrôle médical.

Vous parlez de physiothérapie avec des appareils. Qu’en est-il du yoga, de la gymnastique du dos et Cie?

Généralement, ces disciplines ne permettent pas de travailler les muscles extenseurs dorsaux profonds. J’ai vu toute une série de patients pratiquant une école du dos ou du yoga. Chez eux, on peut bien voir que les muscles superficiels du dos sont bien entraînés. Mais la musculature profonde, importante pour la stabilisation, ne peut être renforcée efficacement par de tels exercices sans machines ni fixation du bassin.

Vous réalisez actuellement une étude avec le département de recherche de Kieser Training.

C’est exact. Nous souhaitons montrer que l’entraînement sur la machine EL conduit à un renforcement des muscles profonds. Pour cela, nous mesurons par IRM la densité des muscles au début et à la fin de l’étude. Jusque-là, on a mesuré dans des études l’amplitude du mouvement et le gain de force et ainsi établi que ceux-ci augmentaient. Nous souhaitons à présent montrer, au moyen d’un critère objectif fourni par un procédé d’imagerie, que les muscles se développaient sous l’effet d’un entraînement sur la machine EL avec fixation du bassin. C’est là la nouveauté. Pour ce faire, nous intégrons des patients qui ne sont pas encore des candidats potentiels à une opération et chez lesquels le problème de dos se limite à un segment vertébral. Il peut s’agir d’une hernie discale ou d’une sténose du canal rachidien dans un segment. Les résultats sont d’ores et déjà très prometteurs.

Nous en reparlerons donc lorsque cette étude sera terminée et évaluée.

Partenaires d'entrevue: Prof. Dr med. Volker Tronnier, directeur de la clinique universitaire neurochirurgicale de Lübeck, s’entraîne chez Kieser Training depuis dix ans.